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Migraine chronique et abus médicamenteux

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Article tiré de la Foire-Aux-Questions de Migraine-Québec!

Question du patient
Comment un médecin peut différencier un patient ayant un abus médicamenteux de migraines chroniques ? On essaie un sevrage et si ça ne fonctionne pas... on n'en vient à la conclusion que ce sont des migraines chroniques ? Ma question se base sur cette étude que je ne saisis pas entièrement : http://rms.medhyg.ch/article_p.php?ID_ARTICLE=RMS_339_0937 .

 

Réponse du Dr Leroux

Vous posez une question qui turlupine la communauté médicale depuis des années.

Je vais tenter de résumer la situation.

L’expérience nous a appris que certaines personnes souffrant de migraine chronique voient leur situation s’améliorer de façon très importante après un sevrage de leurs traitements de crise. Ceci a poussé les spécialistes à dire que ces personnes souffraient de céphalée médicamenteuse. Par conséquent, on a conclu que tous les migraineux chroniques devaient être sevrés de leur «abus» avant de pouvoir poser un diagnostic de migraine chronique, afin d’exclure la condition «céphalée médicamenteuse». Certains allaient même jusqu’à dire qu’il fallait attendre la fin du sevrage avant d’essayer d’autres traitements préventifs contre les migraines.

Rapidement, ceci a entraîné des problèmes : le sevrage n’était pas efficace chez tout le monde. Le sevrage était alors pénible et surtout décevant. On a bien réalisé que l’«abus» médicamenteux n’était pas le seul facteur associé aux migraines chroniques. Dans certains cas, l’«abus» était la conséquence du problème plus que la cause. Si vous avez des migraines de plus en plus souvent, vous prendrez des traitements contre les crises de plus en plus souvent! Il faut savoir aussi que certains migraineux prennent des analgésiques de façon régulière pour d’autres problèmes, et que ceci ne déclenche pas automatiquement une chronicisation de leurs migraines. Comment déterminer le rôle de l’utilisation régulière des traitements de crise chez une personne donnée?

Par la suite les spécialistes ont donc commencé à parler de migraine chronique «avec ou sans surutilisation médicamenteuse». Ceci permettait d’entamer un traitement préventif avant la fin du sevrage. Évidemment, il ne faut pas négliger l’importance du sevrage, qui devrait être fait au moins une fois avant de déclarer que la migraine chronique est installée. Mais alors, quand doit-on parler de «céphalée médicamenteuse»? Seulement après la fin du sevrage, si celui-ci est efficace? La question reste en suspens, car il est possible qu’une migraine chronique soit en fait causée par un «abus» médicamenteux et que le problème soit irréversible, c’est à dire qu’une fois le mal installé, le sevrage est inefficace.

Dans la nouvelles classification internationale des céphalées (version 3-bêta), on peut donc poser le diagnostic de migraine chronique même en présence d’une surutilisation médicamenteuse (on décrit alors «sans» ou «avec» surutilisation). Il faut souligner que ceci fait l’affaire de certaines compagnies pharmaceutiques qui peuvent pousser leurs produits et tentent de négliger l’importance du sevrage...

J’espère que ceci clarifie un peu une situation qui effectivement a embrouillé tout le monde.

Je vous invite par ailleurs à consulter les documents ci-après : http://migrainequebec.com/images/stories/PDFs/cephalee_med.pdf et http://migrainequebec.com/images/stories/PDFs/la_migraine_chronique_patient.pdf .

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